Les Sept Jours de Simon Labrosse

Le Théâtre.
C’est l’histoire d’une bande de potes qui se réunit chaque semaine pour tenter de vivre la vie de quelqu’un d’autre. Alors au début ils ne se connaissent pas vraiment. Il y a un temps, celui de la rencontre. On s’observe, on se sourit, on se cherche. De tâtonnements en tâtonnements, la mue s’opère. Le tout sous le regard double, bienveillant et un brin paternaliste de ces sculpteurs du geste que l’on nomme : Metteurs en Scène.

Il n’est pas question ici de paillettes, de tapis rouge ou autre artefact d’une célébrité vaniteuse. C’est dans une salle de classe des plus sobres qu’Alice Chiadusso et Clément Thery accueillent leurs comédiens. Les tables sont poussées dans un coin, les chaises empilées par dessus. L’espace ainsi dégagé se fait scène. A charge des acteurs d’en prendre possession.

« Si ces six sangsues sont sur son sein sans sucer son sang alors ces six sangsues sont sans succès. » Vocalismes, étirements, et autres exercices dépouillent les comédiens des tracas du dehors, leur permettant ainsi d’accueillir leur personnage.  MC Schots devient Nathalie, Arthur Aurick se nomme Léo et Vincent Mussard s’appelle Simon Labrosse.

Mais au fond, d’où vient ce besoin, voir même ce plaisir, de monter sur scène ? De s’exposer aux critiques de la foule ? Aux morsures des projecteurs ? Si ce n’est un insatiable désir de vivre.

Pour devenir autrui, le comédien se fait observateur du genre humain. Le mimétisme venant de la compréhension, il devient par conséquent le diapason de ses contemporains. La scène est alors un laboratoire des possibles.

Comment passer du texte à la vie ? Là, il serait bon pour moi de faire silence et de laisser place aux voix entremêlées des metteurs en scènes.

Il y a un truc qui me paraît absurde. Au théâtre, lorsque le rideau se lève, le spectacle est déjà fini. Enfin, façon de parler ! Ce que je veux dire, c’est que le spectateur n’est finalement témoin que de l’aboutissement d’une aventure. Six mois de répétitions, de doutes, de joies, d’angoisses et d’extases ont dû passer pour que s’opère la métamorphose de l’acteur en son personnage.

« Simon Labrosse, sans emploi, a convié le public à assister à quelques tranches de sa vie. Soutenu tant bien que mal par ses amis, Léo, un poète négatif, et Nathalie, obsédée par son développement personnel, il raconte ses multiples idées infaillibles pour se « réinsérer dans la vie active » comme il dit. Tour à tour cascadeur émotif, finisseur de phrases, flatteur d’égo, allégeur de conscience, il tente de trouver sa place dans la société et se bat avec fébrilité et dérision contre le système qui l’étouffe, ce monde pourri sur lequel « il pleut des briques ». Funambule des temps actuels, il se tient en équilibre constant entre le comique de son existence et le tragique de son immense solitude. »

(source : theatre-contemporain.net)

Les sept jours de Simon Labrosse ont été écrit par l’auteur québécoise Carole Fréchette en 1999. Caustique, elle se refuse de peindre la morosité de son temps avec les encres classiques du spleen et du fatalisme. Bien au contraire, c’est doté d’optimisme et de légèreté qu’elle décide de s’attaquer à ces monstres contemporains que sont la solitude, le chômage et la violence sociale. Ses personnages, tous aussi socialement handicapés les uns que les autres, sont pour autant profondément humains. Impossible pour le spectateur de ne pas y retrouver quelque chose de lui même.

Nous sommes tous des Simon Labrosse en puissance.

Merci à toute la troupe pour leur accueil et leur bienveillance.
Nicolas Fatous.

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